La pension de base issue de la répartition ne suffit souvent pas à maintenir son niveau de vie à la retraite. La question qui se pose alors n'est pas « faut-il épargner en plus ? » mais « combien, et à partir de quand ? ». Et la réponse dépend presque entièrement d'un seul facteur : l'âge auquel vous commencez.
Le vrai coût du décalage n'est pas linéaire
Beaucoup de gens raisonnent en se disant : « si je commence 10 ans plus tard, je devrai épargner deux fois plus par mois pour rattraper. » C'est faux, et c'est même optimiste. En réalité, l'effort mensuel nécessaire pour atteindre un même capital à 65 ans augmente bien plus vite que proportionnellement au retard pris, parce que chaque euro versé tardivement a moins de temps pour fructifier.
Concrètement, ordres de grandeur pour viser un complément de retraite équivalent au même âge de départ :
- Commencer à 30 ans demande l'effort mensuel le plus faible
- Commencer à 40 ans demande un effort sensiblement plus élevé, pas juste « un peu plus »
- Commencer à 50 ans demande un effort mensuel souvent hors de portée pour combler le même écart, ce qui oblige à revoir l'objectif à la baisse ou à décaler l'âge de départ
D'abord connaître son point de départ : la pension de base
Avant de calculer combien épargner en plus, il faut savoir combien manque réellement. C'est la première étape, souvent négligée : beaucoup de personnes épargnent « au doigt mouillé » sans avoir estimé leur pension de base.
Notre simulateur de retraite permet d'estimer cette pension de base selon votre âge, votre salaire annuel moyen et vos trimestres cotisés — avec la prise en compte d'une décote éventuelle si le nombre de trimestres n'est pas atteint. C'est ce chiffre qui sert de référence pour évaluer l'écart à combler.
Ensuite, projeter l'effort d'épargne nécessaire
Une fois l'écart identifié entre pension estimée et niveau de vie visé, la question devient : quel effort mensuel, sur combien d'années, pour combler cet écart ?
1. Définissez le capital cible. Multipliez l'écart mensuel visé par le nombre d'années de retraite anticipées, en tenant compte d'un taux de retrait raisonnable (les praticiens évoquent souvent une fourchette de 3 à 4 % par an sur le capital constitué).