À propos de cet outil
À quoi sert ce simulateur et à qui s'adresse-t-il
La retraite est la seule dépense majeure d'une vie que l'on prépare pendant quarante ans sans jamais en connaître le montant exact. Ce simulateur donne une estimation de la pension du régime général afin de répondre à une question simple mais décisive : le niveau de vie que vous connaissez aujourd'hui sera-t-il tenable une fois l'activité arrêtée ? En France, le taux de remplacement — le rapport entre la première pension et le dernier salaire — se situe en moyenne autour de 60 à 75 % pour un salarié du privé, mais il chute nettement pour les cadres, les carrières hachées et les indépendants.
L'outil s'adresse en priorité aux actifs de trente-cinq à cinquante-cinq ans, c'est-à-dire à ceux qui disposent encore d'un horizon suffisant pour corriger la trajectoire. À cet âge, une simulation même approximative a une valeur d'alerte : elle indique s'il faut ouvrir un plan d'épargne retraite, augmenter un effort d'épargne existant, ou envisager un investissement locatif dont le crédit s'achèvera au moment du départ. Passé soixante ans, l'usage change : il s'agit alors d'arbitrer une date de départ, de mesurer l'effet d'une surcote ou l'intérêt d'un rachat de trimestres.
Trois profils y trouvent un intérêt particulier. Les carrières interrompues d'abord — congés parentaux, périodes de chômage, années d'études, expatriation — pour lesquelles la décote liée aux trimestres manquants pèse souvent plus lourd que le niveau de salaire. Les indépendants et anciens indépendants ensuite, dont les cotisations, souvent minimisées en début d'activité, produisent des pensions modestes. Les couples enfin, qui gagnent à simuler deux pensions ensemble, notamment lorsqu'un des deux conjoints a réduit son activité.
Les cas d'usage typiques : estimer sa pension future, chiffrer l'écart à combler par de l'épargne, comparer un départ à 64 ans et un départ à 67 ans, ou évaluer l'impact d'une augmentation de salaire en fin de carrière sur le salaire annuel moyen.
La méthode de calcul
La pension de base du régime général suit la formule SAM × taux × (durée d'assurance / durée requise). Le SAM est le salaire annuel moyen des vingt-cinq meilleures années, chaque salaire étant revalorisé et plafonné au plafond annuel de la Sécurité sociale. Le taux plein est de 50 %, atteint lorsque vous réunissez le nombre de trimestres requis pour votre génération, ou automatiquement à 67 ans quelle que soit la durée cotisée. Ce nombre de trimestres requis n'est pas universel : il dépend de l'année de naissance et de la réglementation applicable (par exemple 172 trimestres pour les générations nées à partir de 1965, moins pour les générations antérieures). Vérifiez toujours la durée qui vous concerne sur votre relevé de carrière.
Si des trimestres manquent, une décote s'applique : le taux de 50 % est réduit de 0,625 point par trimestre manquant, dans la limite de vingt trimestres, et le ratio de proratisation joue une seconde fois à la baisse. À l'inverse, chaque trimestre cotisé au-delà du taux plein ouvre droit à une surcote de 1,25 % par trimestre. L'âge légal de départ est de 64 ans depuis la réforme de 2023. Le simulateur applique cette logique de façon simplifiée sur les données que vous saisissez.
Un exemple chiffré
Exemple pédagogique basé sur l'hypothèse de 172 trimestres requis. Le nombre de trimestres requis dépend de l'année de naissance et de la réglementation applicable.
Prenons une salariée du privé avec un salaire annuel moyen (SAM) de 35 000 € sur ses vingt-cinq meilleures années, une durée requise de 172 trimestres dans cet exemple et 172 trimestres validés. Sa pension de base s'élève à 35 000 × 50 % × (172/172) = 17 500 € bruts par an, soit environ 1 458 € bruts par mois. S'y ajoute la retraite complémentaire Agirc-Arrco, qui représente couramment 20 à 40 % de plus pour une carrière de non-cadre, soit ici de l'ordre de 350 à 580 € mensuels supplémentaires.
Si la même personne partait avec seulement 160 trimestres acquis, il lui manquerait 12 trimestres. La décote de 0,625 point par trimestre manquant ramène le taux à 50 % − (12 × 0,625) = 42,5 %, et le prorata joue une seconde fois : 35 000 × 42,5 % × (160/172) ≈ 13 837 € bruts par an, soit près de 300 € de moins chaque mois, à vie. Changez la durée requise ou la durée acquise et le résultat change en conséquence : aucune de ces valeurs n'est une règle générale.
Conseils pratiques
Consultez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr au moins une fois tous les cinq ans : les oublis de trimestres, fréquents pour les emplois d'été, les stages et les périodes à l'étranger, se corrigent d'autant plus facilement que les justificatifs sont récents. Le plan d'épargne retraite reste l'outil le plus direct pour combler un écart : les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite de 10 % des revenus professionnels (plafond de 35 194 € en 2026), ce qui rend l'effort d'autant plus efficace que votre tranche marginale est élevée. Diversifiez avec une assurance-vie, plus souple à la sortie, et étudiez le rachat de trimestres d'études : son coût est fixe mais son rendement dépend fortement de votre espérance de perception.
Pour approfondir les trimestres, la décote et les leviers de correction, lisez notre guide : Préparer sa retraite en 2026.
Avertissement
Cette simulation est indicative. Elle n'intègre ni la retraite complémentaire Agirc-Arrco, ni la fonction publique, ni les régimes spéciaux, ni les carrières mixtes salarié/indépendant, ni les majorations pour enfants. Le système de retraite évolue régulièrement. Pour un chiffrage officiel, utilisez le simulateur M@rel sur info-retraite.fr ou consultez un conseiller en gestion de patrimoine.