Plus-value mobilière 2026 : imposition, abattements et PEA

18 septembre 2026

Vendre des actions plus cher qu'on ne les a achetées déclenche presque toujours le même réflexe : combien va-t-on en garder après impôt ? La réponse tient dans un taux unique la plupart du temps — mais ce taux vient de changer, et pas à la même date selon qu'il s'agit d'une plus-value de cession de titres, de dividendes ou d'un retrait de PEA. Voici comment s'y retrouver.

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Le principe : un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %

Depuis 2018, la plus-value réalisée lors de la vente d'actions, d'obligations ou de parts sociales est soumise par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax. Il se compose de deux éléments : 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit un taux global de 31,4 %. Vous pouvez toujours opter pour l'intégration au barème progressif de l'impôt sur le revenu à la place du taux forfaitaire de 12,8 % — une option globale, qui s'applique alors à tous vos revenus de capitaux mobiliers de l'année, pas seulement à cette cession.

Exemple : vous achetez des actions 15 000 € en 2022 et les revendez 22 000 € en 2026. La plus-value de 7 000 € est taxée à 31,4 %, soit 2 198 €, pour un gain net de 4 802 €.

Depuis quand exactement ? Trois dates à ne pas confondre

Le taux de prélèvements sociaux vient de passer de 17,2 % à 18,6 %, une hausse votée par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Mais elle ne s'applique pas à la même date partout : la loi distingue les « revenus du patrimoine » des « produits de placement », deux catégories juridiques qui ne couvrent pas les mêmes revenus.

RevenuPrélèvements sociauxApplicable depuis
Cession de titres (hors PEA)18,6 %Dès 2025
Dividendes18,6 %1er janv. 2026
PEA18,6 %1er janv. 2026

Autrement dit, une plus-value de cession de titres hors PEA réalisée en 2025 relève déjà du nouveau taux, même si vous ne la déclarez et ne la payez qu'en 2026 — alors qu'un dividende perçu fin 2025 relevait encore de l'ancien taux de 17,2 %. Gardez ce tableau sous la main : les sections suivantes s'y réfèrent plutôt que de répéter la date à chaque fois.

Réduire l'imposition : option pour le barème et abattements pour durée de détention

Sous le PFU, aucun abattement ne s'applique : les 31,4 % portent sur la plus-value brute. En optant pour le barème progressif, vous pouvez en revanche récupérer un abattement pour durée de détention — mais seulement si vos titres ont été acquis avant le 1er janvier 2018. Pour un achat plus récent, l'option barème ne donne droit à aucun abattement et n'a d'intérêt que si votre taux marginal d'imposition est très bas.

Deux barèmes coexistent pour les titres éligibles :

  • Abattement de droit commun : 50 % entre 2 et 8 ans de détention, 65 % au-delà de 8 ans.
  • Abattement renforcé, réservé aux titres de PME de moins de 10 ans à la date de souscription : 50 % entre 1 et 4 ans, 65 % entre 4 et 8 ans, 85 % au-delà de 8 ans.

Dans les deux cas, l'abattement ne réduit que l'assiette de l'impôt sur le revenu au barème : les prélèvements sociaux restent dus sur la totalité de la plus-value, sans aucun abattement.

Moins-value : comment la déduire

Une moins-value de cession de titres s'impute d'abord sur les plus-values de même nature réalisées la même année, à hauteur de votre choix. S'il en reste après cette compensation, vous pouvez la reporter sur les plus-values des dix années suivantes, en imputant en priorité les moins-values les plus anciennes. Une moins-value sur titres ne peut en revanche jamais réduire votre revenu global, ni une plus-value immobilière : les deux catégories restent strictement cloisonnées.

Le cas du PEA : exonéré d'impôt, pas de prélèvements sociaux

À l'intérieur d'un PEA, les plus-values et dividendes ne sont pas imposés tant qu'aucun retrait n'a lieu. Après 5 ans de détention du plan (pas du titre acheté à l'intérieur), les gains retirés sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux, eux, restent toujours dus, au taux de 18,6 % depuis le 1er janvier 2026 (voir le tableau ci-dessus) — y compris sur les gains accumulés avant cette date.

Un cas particulier concerne les PEA ouverts avant le 1er janvier 2013 : les gains constatés jusqu'au 31 décembre 2017 restent soumis à la règle des « taux historiques », c'est-à-dire taxés chacun au taux de prélèvements sociaux en vigueur l'année où ils ont été réalisés. Seuls les gains constatés à compter du 1er janvier 2018 suivent le taux unique appliqué au jour du retrait. Un retrait sur un PEA ancien peut donc mélanger deux méthodes de calcul.

Dirigeant de PME partant à la retraite : un abattement de 500 000 €

Un dirigeant qui cède l'intégralité de ses titres au moment de partir à la retraite bénéficie, sous conditions, d'un abattement fixe de 500 000 € sur sa plus-value avant application du PFU ou du barème. Le dispositif est prorogé jusqu'au 31 décembre 2031. Cinq conditions cumulatives doivent être réunies :

  • La société cédée répond à la définition européenne de la PME (moins de 250 salariés, chiffre d'affaires inférieur à 50 M€ ou bilan inférieur à 43 M€) et est établie dans l'UE ou l'EEE ;
  • La cession porte sur l'intégralité des titres détenus ;
  • Le cédant a détenu au moins 25 % des droits de vote ou des droits aux bénéfices pendant les 5 années précédant la cession, et détient ses titres depuis au moins 1 an ;
  • Le cédant a exercé une fonction de direction dans la société pendant les 5 années précédant la cession ;
  • Il cesse toute fonction dans la société et fait valoir ses droits à la retraite dans les 2 ans qui précèdent ou suivent la cession.

L'abattement s'impute avant le calcul du PFU ou de l'option barème, mais ne réduit pas l'assiette des prélèvements sociaux.

Le cas des BSPCE : trois périodes, trois taux

Les bons de souscription de parts de créateur d'entreprise (BSPCE) suivent un régime à part, qui a changé deux fois depuis leur création : une première fois pour les bons attribués à compter du 1er janvier 2018, une seconde fois pour ceux attribués à compter du 1er janvier 2025. Le taux applicable au gain d'exercice — la différence entre la valeur du titre au jour où vous exercez le bon et son prix d'exercice — dépend à la fois de votre ancienneté dans l'entreprise et de la période à laquelle vos bons vous ont été attribués (« avant 2018 » signifie ici jusqu'au 31 décembre 2017 inclus) :

Bons attribuésAncienneté ≥ 3 ansAncienneté < 3 ans
Avant 201819 %30 %, sans option
2018-202412,8 % (PFU) ou barème30 %, sans option
Depuis 202512,8 % (ou barème)30 %

Dans tous les cas, les prélèvements sociaux de 18,6 % s'ajoutent (voir le tableau plus haut). Pour les bons attribués à compter de 2025, la réforme scinde le gain en deux blocs distincts : le gain d'exercice, de nature salariale, suit le barème ci-dessus ; le gain net de cession — la différence entre le prix de vente et la valeur du titre au jour de l'exercice — relève lui du régime standard des plus-values de cession de valeurs mobilières décrit plus haut, avec un PFU de 12,8 % systématique quelle que soit l'ancienneté.

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Avertissement : contenu informatif basé sur les règles en vigueur au 18 septembre 2026 (prélèvements sociaux à 18,6 % depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, abattement dirigeant retraite prorogé jusqu'au 31 décembre 2031). Ne remplace pas les conseils d'un conseiller en gestion de patrimoine ou d'un expert-comptable pour votre situation personnelle.

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